Cours de Yoga en sud Seine-et-Marne

Pratique #8 : Vinyasa – Sthira Sukham Asanam

Pratique #8 : Vinyasa – Sthira Sukham Asanam

 Crédit photo : Marie-Laure Duarte

Chère.er.s Yogi.ni.s,

Aujourd’hui, je vous propose une pratique de Vinyasa, que vous pouvez télécharger ici (mais je vous recommande de lire l’article avant de vous lancer dans la pratique).

Celles et ceux qui préfèrent le Hatha Yoga peuvent aussi pratiquer cette séquence en se limitant aux postures, qui seront tenues plus longtemps (jusqu’à neuf respirations).

Le Vinyasa, c’est un retour à mes premières amours, lorsque j’ai découvert le yoga. Je ne voulais pas entendre parler d’autre chose. Je voulais de la sueur et de l’intensité. J’avais besoin d’intensité pour sentir mon corps. Les Savasana où on me proposait de sentir puis relâcher chaque partie de mon corps étaient bien difficiles parce que tout simplement… je ne sentais rien. Donc pas facile de relâcher quelque chose que l’on ne sent pas.

Depuis, ma pratique et ma relation à mon corps ont évolué. Progressivement, j’ai appris à sentir ce qui se passait sous ma peau sans avoir besoin d’une pratique intense. Les petits fourmillements qui suivent un mouvement doux. La sensation de fraîcheur qui suit un étirement. Ça m’a pris énormément de temps. C’est d’ailleurs encore en cours mais ce chemin est plein de belles surprises et je me satisfais d’un rien.

Cela n’empêche pas que j’aime toujours pratiquer et enseigner le Vinyasa. J’aime le mouvement. Le mouvement me pose dans mon corps. Surtout quand je le couple avec ma respiration.

Et c’est un des premiers commandements (ils n’existent pas vraiment hein) du Vinyasa :

 

Toujours avec le souffle, le mouvement tu coordonneras

Même lorsque l’on rentre ou l’on sort d’une posture.

Par exemple pour s’installer en Vrksasana, la posture de l’arbre, cela donne :

Inspire bascule le poids du corps sur la jambe gauche
Expire plie le genou droit vers l’avant
Inspire ouvre le genou sur la droite
Expire place le pied contre la cuisse (ou le mollet)
Inspire ramène les paumes de main l’une contre l’autre devant la poitrine
Expire tends les bras vers le plafond

Et seulement là, on est installé dans la posture. Seulement là, on peut commencer à compter ses 5 ou 7 respirations. Oui, malgré sa réputation de yoga dynamique, dans le vinyasa que j’ai appris, on tient les postures 5 à 7 respirations, ce qui est déjà pas mal. Cela apporte la stabilité et permet néanmoins de s’installer dans la posture.

Et idem pour ressortir de la posture :
Expire en ramenant les mains sur les hanches.
Inspire ramène le genou droit vers l’avant et tend la jambe
Expire repose le pied au sol.

Et seulement là, on est sorti de sa posture.

On coordonne le souffle et le mouvement même lorsque, dans les postures assises, on replace le bassin en tirant les fesses vers l’arrière avec les mains, l’une sur une inspire, l’autre sur une expire. Même lorsque l’on s’étire l’arrière des jambes en Adho Mukha Svanasana (chien tête en bas), inspire déplie une jambe, expire déplie l’autre.

Coordonner le souffle avec le mouvement, ça relie le corps et la respiration, la matière et l’énergie. Ça remet dans son corps et à travers lui ça connecte à l’instant présent.

 

Autre commandement :

Pour focaliser ton attention, ton regard tu placeras.

On appelle cela un Drishti. Un terme sanskrit qui désigne la direction que l’on donne au regard. Placer son attention sur un point particulier permet d’éviter au mental de nous emmener partout ailleurs.

Comme dans une posture d’équilibre, où je vous invite à fixer votre regard sur un point ou dans une direction. Là, ce sera pour toutes les postures. Parfois, il sera clairement identifié. Parfois, ce ne sera pas le cas et ce sera à vous de le trouver. Parfois, le drishti proposé ne vous conviendra pas et vous devrez en trouver un autre. Peut importe. Il est juste important que votre regard ne parte pas dans tous les sens avec vos pensées. Ou si c’est le cas, prenez-en conscience 😉

 

Troisième commandement : entre chaque posture, un Vinyasa tu effectueras

Et c’est là que l’on rentre dans la complexité de la traduction. Vous allez me dire « mais le vinyasa c’est pas le type de yoga? » Si, par extension.

Vinyasa, cela désigne plusieurs choses :
– Le type de yoga, perçu comme plus dynamique et intense que certains autres (mais ce n’est pas forcément le cas, tout dépend de vous et de l’enseignant.e)
– la coordination souffle / mouvement
Nyasa = placer et Vi : de manière spécifique
– L’enchaînement de quelques postures que l’on fera entre chaque postures tenues. C’est ce sens là qui m’intéresse pour ce commandement particulier.

Traditionnellement, cet enchaînement est Urdhva Uttanasana (inspire) / Chaturanga Dandasana (expire) / Urdhva Mukha (chien tête en haut) (inspire)/ Adho Mukha Svanasana (chien tête en bas) (expire).

Sauf que pour réussir cette transition, cela demande des épaules et des bras bien toniques ainsi qu’une sangle abdominale engagée. On pourra donc adapter en fonction de son corps : poser les genoux pour descendre,

ou même faire des dos creux / dos ronds si c’est ce dont on a besoin sur le moment.

Encore une fois, ce qui importe, c’est de coordonner le mouvement et le souffle dans cette transition également.

Ce vinyasa sert de transition vers la posture suivante. Effectué entre le côté droit et gauche d’une même posture, il permet d’équilibrer, de remettre à zéro le corps au sein de la séquence plus globale.

Par exemple, pour Trikonasana, la posture du triangle, on s’installe dans la posture pied droit devant à partir d’Adho Mukha Svanasana, puis à l’issue de ses 5 ou 7 respirations on repose les mains au sol pour son vinyasa, et on s’installe dans la posture avec le pied gauche devant, etc.

Pour les autres commandements, c’est similaire aux autres pratiques : un souffle fluide et conscient, une attention à l’instant, une écoute respectueuse de son corps et de ses sensations
En fait il n’y a pas tant de spécificités que ça. Je trouve d’ailleurs dommage de cloisonner les pratiques. Et si je vous proposais des cours de VinyHata ?

Encore quelques mots avant de vous laisser pratiquer.

 

Sthira Sukham Asanam

La thématique de notre séance d' »aujourd’hui ». C’est un des sutras des Yoga Sutras de Patanjali, une compilation d’aphorismes qui traitent du yoga et indiquent la voie pour y parvenir (le yoga étant entendu comme une discipline méditative et spirituelle d’union au Soi et à soi plus que comme la pratique principalement physique que l’on connaît aujourd’hui).

BKS Iyengar apporte cette traduction et cet éclairage que je paraphrase :

Sthira : Ferme, Posé, stable, constant, durable
Sukham : Bonheur, joie
Asanam : Postures, positions

Une posture de yoga devrait toujours allier trois composantes : une stabilité, une fermeté et une endurance corporelle, mais aussi conscience et de joie et attention au plus haut niveau, et j’ajouterai de bienveillance envers soi.

C’est ce que je vous invite à cultiver lorsque vous pratiquerez cette séquence. A tout moment, gardez ce sutra en tête. Recherchez l’ancrage, la stabilité, mais surtout le bonheur dans chaque posture. Le bonheur de sentir son corps, avec ou sans intensité, et de se relier à lui.

Je vous souhaite une douce pratique 🌕

Namaste 💜
Cindy 🌸



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